Emploi des seniors : Les salariés sont-ils co-responsables de leur sous emploi ?

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On parle beaucoup ces derniers temps pour des raisons d'agenda parlementaire
d'allongement de la durée de cotisation. L'excellente Madame Parisot s'était d'ailleurs
risquée à demander le report de l'âge de la retraite à 62 ou 63 ans.
De nombreux parlementaires de la majorité ansi que Xavier BERTRAND nous expliquent
régulièrement, les larmes aux yeux, le drame de ces salariés obligé de partir
en retraite, alors qu'ils auraient souhaité au plus profond d'eux même, peut
être, à l'instar de Molière mourir sur scène.
Comme d'habitude, on utilise la grosse ficelle de la communication pour persuader
du bien fondé d'une mesure qui doit sauver à terme les régimes de retraite.
Mais, au delà des phrases, quelle est la réalité ?
Pour une fois, c'est la CGPME qui nous donne l'état de la situation de ces
salariés de 55 ans et plus.
Alors que dans les années 70, le taux d'emploi
des plus de 55 ans était de 54%, ce taux d'emploi des 55-64 ans, selon les
dernières statistiques connues, est de l'ordre de 38%, soit un chiffre d'environ
5 points à la moyenne européenne qui elle est de l'ordre de 43%. Source
CGPME
Si les employeurs français sont effectivement des cancres dans ce domaine,
on pourra juger que 57% de sans emploi dans le reste de l'Europe n'est pas
vraiment une performance !!!
A la lecture de ce constat, on serait en droit de dire à la CGPME : Mais vous,
employeurs, qu'avez-vous fait pour atténuer ou régler ce problème ?
Et bien, la CGPME vient de publier un communiqué intégrant un catalogue de
5 pages de propositions pour améliore l'employabilité des seniors.
Mais avant d'en prendre connaissance, c'est quoi un "senior" ?
Pour le gouvernement, reprenant la norme
fixée par l’UE, les seniors seraient « les personnes âgées de 55 à 64 ans
» dont, dit-il, « seuls 37,3 % sont en emploi ». D’emblée, le débat est ainsi
biaisé. C’est dès 50 ans que les seniors commencent à être écartés de l’emploi.
D’autre part, et jusqu’à nouvel ordre, l’âge légal du droit au départ en retraite
reste fixé à 60 ans… Enfin, mettre la moitié des 55-64 ans « en emploi » ne
dit rien de la qualité de ces emplois. La Grande-Bretagne, par exemple mieux
placée, statistiquement que la France, est une championne des petits « boulots
vieux ». Source l'Humanité
A quel âge devient-on senior ?
Selon la linguiste Henriette Walter, le mot «senior» vient du latin et signifiait
«sage»: «Quand les vieux sont devenus des
gens qui ont des moyens, on a décidé de les respecter en les appelant seniors.»
En fait, ce sont les baby-boomeurs qui ont piqué le terme aux Américains,
épris d'euphémismes, au moment où ils flanchaient à l'idée de passer pour
«vieux», alors qu'ils se préparaient à vivre une nouvelle adolescence. Ils
avaient déjà fait le coup avec les teen-agers, un mot inventé exprès pour
eux, quand ils ont bloqué à l'idée de devenir, d'un coup, adultes Source
L'Express
Pour l’Insee ou des entreprises comme la SNCF, il s’agit des plus de 60 ans,
c’est-à-dire l’âge officiel de la retraite, mais la plupart des experts du
marché des Baby boomers estiment qu’on l’est à partir de 50 ans, arguant que
de nombreux changements se produisent à partir de cet âge. Il est vrai que
l’on parle encore souvent de « la ménagère de moins de 50 ans » et que de
nombreuses études sur le « panier moyen
de consommation » concernent les moins de 50 ans.
D’autres sociétés, à l’image de Mercure ou d’Optic 2000, proposent des programmes
pour les plus de 55 ans. Enfin, certaines entreprises ne parlent plus des
Baby boomers, mais définissent des produits pour les plus de 45 ans. C’est
le cas de plusieurs marques de cosmétiques ou de produits alimentaires spécialisées
dans le domaine de la santé. Source Le
Marché (marketing) des seniors
Nanti de ces tentatives de définition, il est important de revenir sur les
mesures qui permettraient à cette catégorie de la population de ne pas être
éliminée du marché de l'emploi. C'est exactement ce que propose le
communiqué de la CGPME.
" ... / ... Pour autant, cette situation
n’est pas, à notre sens, irréversible si notre pays prend un certain nombre
de mesures qui doivent favoriser aussi bien le maintien dans l’emploi des
seniors que leur retour dans l’emploi et s’adresser aussi bien aux salariés
qu’aux employeurs. ll convient cependant
de garder en mémoire l’épisode malheureux de la « contribution Delalande »,
type même de la fausse bonne idée, qui s’est retournée contre ceux-là mêmes
qu’elle était censée protéger. De
même, tout mécanisme de quota de seniors et de sanctions sous forme, par exemple,
de cotisation retraite additionnelle aurait aussi un effet dévastateur auprès
des responsables de PME et doit être prohibé. La
CGPME émet donc des propositions positives susceptibles de faire évoluer la
situation actuelle en privilégiant l’incitation, sans céder à la facilité
de la sanction porteuse de nombreux effets pervers .. / ... "
L'épisode malheureux de la contribution Delalande ?
Instituée par la loi n° 2006-1770 du 30 décembre 2006, il s'agissait d'une
contribution qui devait être versée par l’employeur à l’Assedic en cas de
licenciement d’un salarié de plus de 50 ans. Cette indemnité, exprimée en
mois de salaire brut était fonction à la fois de l’âge du salarié au moment
de la rupture et de l’effectif de l’entreprise.
Elle n’était pas due dans les cas de : Licenciement pour faute grave ou lourde
et licenciement consécutif à l’inaptitude du salarié
Elle a été supprimée de 1 er janvier 2008 avec toutefois une "petite" faveur
amicale : le licenciement d'un salarié âgé de 50 ans et plus, qui avait été
notifié le 15 décembre 2007 avec exécution d'un préavis de deux mois, entraînant
une fin de contrat le 15 février 2008 … ne pouvait donner lieu au versement
de la contribution Delalande. Merci qui ? Source Circulaire Unédic 2007-5
du 14 février 2007
L’argument des syndicats d’employeurs était toujours le même : Avoir à payer
une contribution en cas de licenciement était un frein à l’embauche des plus
de 50 ans.
Cette contribution ayant disparu, il ne s’est bien entendu rien passé. Xavier
BERTRAND a évoqué très récemment la piste des éventuelles sanctions.(une cotisation
retraite additionnelle dès 2010 pour les entreprises et les branches qui ne
jouent pas le jeu de l’emploi des seniors) mais pas avant … 2010 .
Les entreprises et les branches qui n’auront pas conclu d’accords sur la gestion
des âges et l’emploi des seniors d’ici au 31 décembre 2009 devront payer à
compter de 2010 une cotisation retraite supplémentaire. Les accords conclus
devront répondre à un cahier des charges minimal et comporter des objectifs
chiffrés et indicateurs, ainsi qu’un suivi de leur mise en œuvre. A titre
d’exemple, ces accords pourront prévoir des actions et matière de recrutement
et de promotion des seniors, d’organisation des secondes parties de carrière,
de bilans d’étape professionnels, des actions sur les conditions de travail,
des actions de développement des compétences et de formation, ou encore sur
le tutorat et la transmission des savoirs et des compétences. Source Indice
RH
Le message de la CGPME est clair : Débarrassée de la contribution Delalande,
elle continue néanmoins à plaider de « Non responsable et non coupable » et
ne voit absolument pas en quoi elle devrait considérer que la résolution du
problème est exclusivement entre les mains de ses adhérents.
I/ Suppression des mesures qui vont
à l’encontre du maintien dans l’emploi des seniors
Il est paradoxal de maintenir des mesures
qui vont à l’encontre du maintien dans l’emploi des seniors. Supprimer
le dispositif de départ anticipé pour carrières longues Le
dispositif de départ anticipé pour carrières longues (départ à partir de 56
ans à condition d’avoir 42 ans de cotisation), qui a bénéficié à plus de 500
000 personnes depuis 2004 et qui a joué sans doute, en son temps, un rôle
nécessaire, va à l’encontre des dispositions que l’on souhaite mettre en place
et devrait être supprimé.
1.2 Remettre à plat les dispositions limitant
l’âge d’activité Les mécanismes
de « mises à la retraite d’office » avant 65 ans qui subsistent et surtout
ceux de « limites d’âge » qui perdurent dans la fonction publique et dans
les entreprises à statut (comme par exemple la limite d’âge du personnel navigant
commercial qui est de 55 ans pour les hôtesses et stewards et de 60 ans pour
les pilotes…) créent une iniquité dont la logique nous échappe bien souvent.
Il est donc impératif de réexaminer chacune des situations et d’envisager
la mise en œuvre de politiques des âges beaucoup plus souples, dans une optique
de prolongation de l’activité. Les règles de limite d’âge, synonyme de départ
brutal, doivent disparaître.
1.3 Interdire les restrictions d’accès à l’emploi liées à l’âge
Un grand nombre de concours permettant d’accéder
à terme à des emplois dans la fonction publique sont conditionnés à un âge
limite. Ainsi, par exemple, le troisième concours d’accès à l’ENA est fermé
(sauf conditions particulières) aux candidats âgés de plus de 40 ans. Ce type
de discrimination n’a pas lieu d’être.
La mesure de départ à la retraite pour les carrières longues est de
plus en plus limité dans la mesure ou elle concernait uniquement des salariés
ayant commencé à travailler à partir de 14 ou 16 ans. Soyons concrets et cohérents
: La durée de cotisation doit elle être de 42 ans ou doit-on appliquer une
« double peine » à ceux qui ont travaillé plus longtemps que les autres ?
Il semble qu’à la CGPME, on soit pour.
Que la CGPME se préoccupe du sort des salariés qui dépendent d’elle plutôt
que de savoir s’il est nécessaire de faire voler un pilote plus longtemps.
S’il doit y avoir une réflexion dans ce domaine, c’est aux compagnies aériennes
et aux salariés de celle-ci de le décider. Mais certainement pas à la CGPME
qui est apparemment experte dans les exemples marginaux.
L’ENA, c’est vrai que c’est encore un exemple « grand public »
II/ Mesures permettant de mieux
prendre en compte l’âge des salariés
2.1 Prévenir les atteintes physiques
liées à l’âge et au poste de travail occupé
Les actions de prévention « renforcées »
pour les postes à contraintes physiques fortes et les adaptations de postes
doivent être fortement développées. Ces actions pourraient être notamment
financées par un système analogue, sur le principe mais moins complexe quant
à sa mise en œuvre, à celui des «
ristournes trajet » sur les cotisations
dues par les employeurs au titre des accidents du travail et des maladies
professionnelles, octroyées par les services prévention des CRAM aux entreprises
qui ont mis en place des mesures particulières de prévention du risque routier.
Mais qui empêche la CGPME et ses adhérents de mettre en place ces actions
de prévention ? La santé des salariés a semble t-il un prix puisque la CGPME
tend déjà la sébile pour trouver des motivations dans ce domaine (nous y reviendrons)
2.2 Relancer les contrats de prévention
De même, le système des conventions
d’objectifs (permettant aux entreprises
de signer des contrats de prévention avec les CRAM et d’obtenir des avances
pour financer -des aménagements améliorant les conditions de travail) est
l’instrument le plus adapté aux PME pour mettre en œuvre une véritable politique
de prévention. Il est donc nécessaire de relancer ce dispositif incitatif,
notamment à travers une formule de convention d’objectif simplifiée.
En gros, pas d’aides signifie pas d’amélioration des conditions de travail
?
2.3 Etendre et favoriser le tutorat
Pour les seniors qui continuent à être insérés
dans le monde du travail, il conviendrait de favoriser la reconnaissance intellectuelle
et morale de leurs compétences,
en faisant en sorte de les associer plus
systématiquement au dispositif de transmission de leurs savoirs, notamment
par le biais du tutorat. Il serait judicieux de prévoir un dispositif incitatif
supplémentaire « couplant » l’embauche d’un jeune avec le maintien dans l’emploi
d’un « senior » qui serait son tuteur.
De qui se moque t-on ? La réponse la plus usitée chez les employeurs est que
les + de 55 ans ne maîtrisent pas les nouveaux outils de communication et
ne pourraient par conséquent pas s’adapter à la l’entreprise. Qui jusqu’à
présent s’est opposé à ce que la CGPME et ses adhérents mettent en place des
opérations pilote de tutorat ?
Il serait même possible d’aller au-delà en mettant en place un système incitatif
combinant le tutorat par un senior et l’accueil en formation de jeunes stagiaires
handicapés. A cet égard, il faudrait permettre aux entreprises de 20 salariés
et plus, aux fins de contribuer à l’atteinte de leur obligation d’emploi de
6% de travailleurs handicapés, d’employer des jeunes handicapés jusqu’à 4
% de leur effectif (au lieu de 2 % actuellement), à condition qu’ils soient
pris
en charge et formés par des tuteurs seniors.
Que dit Melchior,
le site des sciences économiques et sociales au sujet de l’emploi des handicapés
?
Quelle est leur situation au regard du travail ? Les travailleurs handicapés
sont globalement moins avantagés sur le marché de l'emploi que l'ensemble
de la population. Ils sont tout d'abord moins présents dans la population
active : la population des travailleurs handicapés se caractérise par un faible
taux d'activité (37% de taux d'activité contre 73% pour l'ensemble des 20
– 59 ans). En outre, lorsqu'ils sont présents sur le marché du travail, leur
taux de chômage est plus élevé (24% contre 11% pour l'ensemble des actifs
de 20 à 59 ans en 19993 ).
Quand ils sont en situation d'emploi, ils se trouvent, là encore, désavantagés.
Leur mobilité professionnelle, tout d'abord, est extrêmement faible. A la
fin 2000, 66% des travailleurs handicapés ont une ancienneté de 10 ans au
moins dans la même structure, contre 47% pour l'ensemble des salariés. Ceci
souligne leur difficulté à connaître des carrières ascendantes. Ce problème
est aggravé par le fait que leurs progressions de carrière (et de rémunération)
sont faibles4 , et que leur accès à la formation professionnelle est plus
limité. En outre, ils se retirent plus précocement du monde du travail.
La répartition socioprofessionnelle de la population des travailleurs handicapés
est un élément déterminant d'analyse, tant en ce qui concerne le milieu d'origine
des handicapés que leur statut social actuel. En effet, 15% d'entre eux sont
cadres ou membres de professions intermédiaires, contre 36% en moyenne sur
le marché du travail. Ils sont en revanche plus présents dans des professions
d'ouvriers non qualifiés et qualifiés (respectivement 21% contre 15% et 17%
contre 8%). Ce constat doit cependant être nuancé par le fait que les personnes
qualifiées ne souhaitent pas systématiquement se déclarer, et rentrer dans
un statut souvent déconsidéré socialement. Dans la pratique, ce sont les salariés
les plus fragilisés dans leur relation à l'emploi (essentiellement les moins
qualifiés) qui s'inscrivent le plus dans les dispositifs institutionnels d'aide
aux travailleurs handicapés.
Les lecteurs apprécieront le cynisme de la CGPME lorsqu’elle essaye d’associer
deux catégories de la population qu’elle a surtout contribuer à écarter du
monde du travail.
III/ Mesures visant à prolonger
la durée de l’activité
Il convient par ailleurs de favoriser ou
de mettre en place des mesures qui visent à prolonger la durée de l’activité
et qui favorisent ainsi le maintien dans l’emploi des seniors.
3.1 Renforcer la surcote
Le dispositif de surcote (majoration de
la retraite pour les personnes ayant les annuités nécessaires pour bénéficier
d’une retraite à taux plein mais qui poursuivent leur activité au-delà de
l’âge légal), qui n’a eu, pour l’instant, qu’un succès limité – les personnes
ayant opté pour la surcote représentent seulement un peu plus de 5 % des nouveaux
retraités– devrait faire l’objet d’un accroissement de l’incitation financière.
Dans cette optique, nous proposons d’envisager un dispositif de surcote de
5% par année travaillée supplémentaire au-delà de l’âge légal et de la durée
nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et ce, sans limitation
de durée.
Pour obtenir une surcote, il faudrait d’abord que les entreprises conservent
les plus de 60 ans à leur effectif et surtout … en embauchent. Or TOUT le
monde sait parfaitement qu’un chômeur même très qualifié de plus de 55 ans
ne se verra proposer aucun emploi. Demandez à ceux que vous connaissez le
nombre de simple refus à leur candidatures. Il faut savoir qu’au delà d’un
certain âge, on ne prend même plus le temps de vous répondre.
3.2 Autoriser sans restriction le cumul
emploi-retraite
La réglementation du cumul emploi-retraite
doit être assouplie. En particulier, le délai de carence de 6 mois prévu pour
tout salarié qui, après avoir liquidé sa retraite, veut retravailler avec
le même employeur doit être supprimé. La reprise d’activité des retraités
devrait être autorisée sans restriction (plafond et délai) dès lors que l’assuré
a cotisé la durée nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein ou
atteint l’âge de 65 ans.
Nous avons déjà largement évoqué
ce sujet qui est devenu le cheval de bataille de Xavier BERTRAND et en
l’occurrence de la CGPME.
l faut arrêter de prendre ses contemporains pour des crétins et faire une
analyse basique de cette idée : Quelques cadres dirigeants vont prendre leur
retraite et continuer à travailler pour leur entreprise. Avantage ? Un salaire
diminué de moitié ou des deux tiers (charges sociales également) tout en conservant
les mêmes collaborateurs.
De plus, dans la mesure ou ces salariés d'un nouveau type ne seront pas comptabilisés
dans les chiffres du chômage lorsqu'ils seront temporairement "sans emploi",
ont perçoit toute la perversité du système
Pervers, oui, car le système se rapproche de l'idée du RMA. Quel effet d'aubaine
pour des employeurs qui préfèreront embaucher un retraité flexible et peu
coûteux.
3.3 Instituer une retraite à temps partiel
adaptée aux PME
Le dispositif existant actuellement permet
à des salariés ayant 60 ans et 150 trimestres de cotisation de demander la
liquidation d’une fraction de leur retraite tout en travaillant à temps partiel.
Le montant de la retraite définitive est recalculé lorsque l’assuré cesse
définitivement toute activité. Ce mécanisme s’applique aux salariés liquidant
une pension provisoire entre le 1er Juillet 2006 et le 31 Décembre 2008.
Il serait souhaitable qu’un nouveau dispositif
de ce type, mais réellement adapté aux PME, puisse être élaboré. Pour renouveler
la formule, le nouveau dispositif pourrait permettre à tout salarié ayant
atteint l’âge légal mais n’ayant pas la totalité de ses trimestres de cotisation
de les acquérir progressivement grâce à un allongement de la durée d’activité,
tout en commençant à diminuer son temps de travail.
Contrairement aux premières propositions nous sommes en accord avec celle-ci.
Le seul reproche qu’on pourrait lui faire c’est que les rédacteurs de ce document
n’indiquent nul part le mode de financement de cette intéressante mesure.
Dans la mesure ou la CGPME ne loupe jamais une occasion de demander le financement
de ses « avancées sociales », on arrive à se demander si elle tient vraiment
à cette mesure
B / Les dispositions destinées à
favoriser le retour à l’emploi des seniors
Tout comme pour le maintien dans l’emploi,
il est aussi nécessaire d’adapter les dispositionsexistantes qui vont à l’encontre
du retour à l’emploi des seniors.
I/ Adapter les dispositions qui
vont à l’encontre du retour à l’emploi des seniors
1.1 Supprimer la dispense de recherche
d’emploi liée à l’âge
Le système de dispense de recherche d’emploi
pour les chômeurs indemnisés
(âgés de 57,5 ans et plus et, sous certaines
conditions, d’au moins 55 ans) concerne près de 400 000 personnes. Il est
incohérent de prétendre favoriser le retour à l’emploi des seniors tout en
conservant ce type de disposition.
C’est certain que les 57 ans et plus se conduisent comme des nababs et profitent
de la rente que leur versent les ASSEDIC !!! Si vous souhaitez messieurs les
dirigeants de la CGPME que ce « scandale » cesse, pourquoi ne proposeriez
au nom de vos adhérents vous pas de signer avec ces 400 000 personnes un contrat
de retour à l’emploi sous la forme d’une embauche ? Cette décision vous honorerait
et apporterait un tant soit peu de crédibilité à votre propos.
1.2 Renforcer l’accompagnement des seniors
dans le cadre du nouveau Service Public de l’Emploi
En conséquence de la suppression du système
de dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs indemnisés « seniors »,
un système d’accompagnement spécifique gagnerait à être mis en place pour
leur assurer un suivi personnalisé optimal leur permettant de retrouver le
plus rapidement possible un emploi : des conseillers seraient spécialement
affectés à cette population au sein de la nouvelle « instance nationale provisoire
» issue de la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC.
ll est par ailleurs indispensable de mettre
en place des mesures actives favorisant le retour à l'emploi des seniors
Merci pour ce formidable ... YAKA
II/ Adopter des mécanismes favorisant
le retour à l’emploi des seniors.
2.1 Rendre plus attractif le CDD
pour le retour à l’emploi des seniors pour l’employeur et la personne bénéficiaire
Le CDD pour le retour à l’emploi des seniors,
institué par l’Accord National Interprofessionnel du 13 Octobre 2005, n’a
pas véritablement démarré. Il devrait faire l’objet d’une information supplémentaire
et plus ciblée, notamment pour les PMI et les entreprises exportatrices. Il
devrait également faire l’objet d’une incitation financière pour l’employeur,
au moins dans les entreprises de moins de 250 salariés. Elle pourrait prendre
la forme, par exemple, d’une attribution à l’employeur, pour une certaine
durée, de l’équivalent des allocations d’assurance chômage qu’aurait touchées
le senior embauché en CDD spécifique s’il était resté demandeur d’emploi indemnisé
(sur le modèle de l’aide dégressive à l’employeur existant actuellement).
Le salarié bénéficierait, lui, d’une durée
d’embauche garantie dans le cadre du CDD seniors pendant une période d’au
moins trois ans, période correspondant à l’indemnisation pour les plus de
50 ans dans le régime d’assurance chômage.
L'accord national interprofessionnel relatif à l'emploi des seniors, finalisé
le 13 octobre 2005 a été paraphé dans la nuit du 8 au 9 mars 2006 par le patronat,
la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. La mesure phare de cet accord, conclu au terme
de sept mois de négociations, est la création d'un « CDD senior », entré en
vigueur depuis la publication du décret au Journal officiel du mardi 29 août
Le « CDD senior » est un contrat à durée déterminée (CDD) pour les personnes
âgées de plus de 57 ans en recherche d’emploi depuis plus de 3 mois ou bénéficiant
d’une convention de reclassement personnalisé. Ce contrat est d’une durée
maximale de 18 mois, renouvelable une fois pour une durée déterminée qui,
ajoutée à la durée du contrat initial, ne peut excéder 36 mois.
Pour mémoire, le nombre de CDD seniors n'a pas atteint les 20 depuis sa création.
Humour involontaire ou nouvelle preuve de cynisme ?
2.3 Organiser des forums de recrutement
spécifiques au cours d’une « semaine de l’emploi des seniors »
Le développement de l’emploi des seniors
repose aussi sur un effort de communication amélioré. Dans cette optique,
pourrait être organisée une « semaine de l’emploi des seniors ». A l’occasion
de cette semaine, notamment, des forums de recrutement destinés à ce type
de public pourraient être organisés localement, au moins un par région.
Cette manifestation pourrait, en particulier,
être financée par la « nouvelle institution nationale » chargée d’assurer
la gestion du réseau unique, issu de la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC et
par l’Agence Nationale pour l’Emploi des Cadres (APEC).
Après la fête des mères, des pères, des grands mères, celle des seniors ?
Si les entreprises ont besoin et envie d’employer des plus de 50 ans, elles
peuvent tout à fait assumer le coût de réalisation d’un portail Web et même
la location d’un salon de l’emploi à caractère itinérant. Quant à faire payer
l’ANPE et l’APEC, pourquoi ne pas faire appel aux cotisations patronales ?
Nous vous laissons découvrir d’autres points qui ne sont pas traité dans cet
article mais sont du même « tonneau ». En fin de compte, ces propositions
sont sommes toutes bien mièvres à côté de ce que certains députés de la majorité
ont réussit à mettre en place.
Car la réalité est ailleurs :
"La réunion multipartite organisée à Bercy
le 26 juin avec Christine Lagarde, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez fait
suite aux propositions formulées par le gouvernement sur le thème de l’emploi
des seniors dans le document remis le 28 avril dernier aux partenaires sociaux.
Elles ont été discutées lors d’un groupe de travail le 15 mai 2008 et d’échanges
bilatéraux avec les partenaires sociaux … / …
Les organisations patronales ont déclaré
être inquiets (UPA) voire hostiles face au dispositif de sanction (CGPME,
Medef). Le Medef refuse que les entreprises soient désignées comme les bouc-émissaires
de la situation de l’emploi des seniors, en parlant de co-responsabilité des
salariés, qui souhaitent partir à la retraite le plus tôt possible.
Cette réunion devrait se poursuivre par
un travail technique entre les partenaires sociaux et le gouvernement, qui
entend leur présenter les projets de textes correspondant aux mesures proposées
à la fin de l’été ou à l’automne" Source CFDT
« Co-responsabilité des salariés qui souhaitent
partir à la retraite le plus tôt possible » ?
Trop fortes les organisations patronales !!!
Source de cette article : http://slovar.blogspot.com
Par
http://slovar.blogspot.com/ le
08-07-2008
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