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Dans notre société
en mutation constante et de plus en plus complexe, les crises structurelles
traditionnelles (naissance, adolescence, maturescence, sénescence) se
conjugent avec les crises conjoncturelles (divorce, famille recomposées,
chômage, retraite, évolutions techniques, durée de vie,
etc.) Nos existences individuelles sont confrontées à des expériences
différentes mais renouvelées de plus en plus souvent, rendant
l’incertitude certaine !
Du fait de l’allongement
de la durée de la vie, la seniorescence, nouvelle période de vie
entre la cinquantaine et la dépendance, fait émerger une problématique
nouvelle. Elle est l’annonce pour le moins d’une vingtaine d’années
de « bonne vie ».
Pourtant, l’arrivée
du « papy-boom » nous effraie pour une raison plus fondamentale :
elle nous force à nous projeter chacun dans notre propre vieillissement.
Cette projection de nos peurs, naturelle mais irrationnelle, nous conduit à
de nombreuses erreurs de jugement.
Le risque serait, par exemple,
de laisser se développer un lobbying des seniors. N’oublions pas
qu’ils représentent plus de la moitié du corps électoral
votant. D’où le risque de rupture intergénérationnelle.
Et si ce qui est présenté
comme un déséquilibre démographique débouchait au
contraire sur un ré-équilibrage des systèmes de valeurs,
sur une réflexion éthique du sens de notre vie ?
Et si les retraités,
ne risquant plus le licenciement, ou leur plan de carrière, profitaient
de la libre parole qui leur est donnée, pour interpeller la société,
non pas pour eux, mais pour l’ensemble des générations ?
N’ayant jamais appris
que nous allions vieillir et qu’il existe d’autres activités
que la production et la consommation quand nous arrivons à la retraite,
que nous reste-t-il ?
Quel sens alors pour la
seniorescence, ancrée dans le nouveau logiciel de société ?
Les seniors peuvent constituer
des éléments déterminants pour retrouver un sens.
Seniors et sens :
les seniors peuvent donner un sens, uns autre vision de notre société
par leurs actions ; leurs attitudes basées sur un comportement dans
la vie ainsi qu’une éthique, elle-même fondée sur
des valeurs de responsabilité.
Une telle éthique
doit s’implanter de façon transversale dans les lieux les plus
divers : entreprises, organismes publics, mouvements de la société
civile, en faisant comprendre que nous avons un objectif commun : « vivre
ensemble et en paix »
Il faudra comprendre que les générations ne se succèdent
plus, mais qu’elles vivent ensemble et se superposent. Le challenge est
de taille car en un siècle, pour la première fois, nous en sommes
arrivés à faire vivre ensemble quatre voire cinq générations.
Et si les seniors devenaient ces entrepreneurs de sens dont notre société
manque cruellement ! Voilà l’enjeu de notre réflexion.
Une sensibilisation, voire un été d’esprit, une éthique
est à construire… afin de permettre aux seniors de devenirs des
passeurs d’expérience, des « fictionneurs »
d’avenir, dans la famille, dans l’entreprise et dans la cité !
Notre histoire commune a besoin d’une telle fiction : construire
ensemble « un après », un « à
venir ».
Si vous souhaitez prolonger
votre réflexion, il vous est possible de vous procurer le premier livre
du cycle consacré à la seniorescence auprès des éditions
Jacques André en faisant parvenir un chèque de 8 € (franco
de port) à CEI, 5 Rue Bugeaud 69006 Lyon
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