Définir les compétences transférables : sortir des clichés

Une compétence transférable, c’est une aptitude, une qualité, ou un savoir-faire développé dans un poste ou une situation, que l’on peut appliquer avec succès dans un domaine ou un métier différent. Mais il ne s’agit pas seulement de “savoir s’adapter” : il existe une multitude de compétences concrètes, techniques ou comportementales, très recherchées sur le marché.

D’après le rapport du World Economic Forum (2023), plus de 50 % des salariés devront actualiser ou réinventer leurs compétences d’ici 2027. Or, les compétences transférables représentent la passerelle la plus efficace pour une employabilité durable.

Pourquoi les compétences transférables sont-elles stratégiques après 45 ans ?

L’expérience accumulée avec l’âge amène souvent plus de facilité à : gérer l’imprévu, agir avec recul, prioriser, manager des hommes, écouter, convaincre. Ce socle - souvent perçu à tort comme “trop généraliste” - est en réalité distinctif, notamment dans les environnements en mouvement.

Emmanuel Quidet, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie française à Dubaï, le rappelait dans une interview à L’Usine Nouvelle : “Les seniors ont expérimenté des crises, des transitions, ils savent piloter la transformation et rassurer.” Cette capacité à transférer des acquis “hors fiche de poste” est une réponse aux besoins des entreprises en mutation constante.

Les étapes pour cartographier ses compétences transférables

1. Analyser son parcours professionnel avec recul

Confronter ses expériences à une grille d’analyse permet de sortir du piège du “je n’ai fait que…”. Il s’agit ici de prendre le temps de lister toutes ses missions, réalisations et contextes rencontrés au fil du temps :

Utiliser un carnet ou un tableau Excel pour recenser ces éléments permet d’objectiver et de prendre conscience de ses ressources réelles.

2. Identifier ses points forts à travers plusieurs outils

Certains outils gratuits en ligne peuvent servir d’appui : Mon Conseil en Evolution Professionnelle ou Orientation pour tous proposent des questionnaires et référentiels utiles.

3. Classer ses compétences selon leur transférabilité

Une astuce efficace consiste à organiser ses compétences selon trois catégories :

  1. Les “universelles” : gestion du temps, adaptation, négociation, résolution de problèmes.
  2. Les “sectorielles” : propres à un environnement (par exemple, la connaissance d’une réglementation spécifique).
  3. Les “techniques” : expertise sur un outil ou un process particulier.

Les premières sont transférables dans quasiment tous les contextes, les secondes et troisièmes gagneront à être reformulées avec un vocabulaire plus “généraliste” pour maximiser leur impact lors d’un repositionnement.

Transformer ses compétences en arguments pour l’emploi

L’identification ne suffit pas : il faut savoir formuler et “vendre” ses compétences transférables, à l’écrit comme à l’oral. C’est là que l’action commence vraiment.

1. Relier chaque compétence à des réalisations

Exemple concret :

2. Adapter son discours selon la cible

Un conseil RH : évitez le langage trop technique ou “jargonisant”. Faites simple, clair, spécifique ! Le recruteur doit visualiser immédiatement ce que vous pouvez apporter.

Les compétences transférables les plus recherchées en 2024

Chaque année, les acteurs de l’emploi publient des listes de compétences à haute valeur ajoutée, recherchées quels que soient le poste ou le secteur. Les tendances actuelles selon LinkedIn et France Compétences ?

Plus de 60% des employeurs affirment aujourd’hui privilégier les candidats démontrant ces compétences, même s’ils n’ont pas l’expérience “parfaite” du secteur (source : Apec, baromètre 2023).

Focus sur l’entretien : comment illustrer ses compétences transférables ?

Les recruteurs cherchent aujourd’hui des preuves concrètes. Préparez des exemples illustrant les compétences transférables que vous souhaitez mettre en avant :

Un détail valorisant : un recruteur est souvent frappé par la capacité à relier des expériences variées à un même fil conducteur (exemple : conduite du changement dans l’industrie, puis dans le service, puis en association).

Les pièges à éviter dans l’identification des compétences transférables

Pour aller plus loin : outiller et valoriser ses compétences transférables

La maîtrise des outils numériques et des réseaux devient un levier, même pour les parcours “traditionnels”. Valorisez vos compétences sur LinkedIn (section “Compétences”), dans les CV en ligne ou lors d’interventions professionnelles.

Diversifiez aussi vos modes de formation : MOOCs, webinaires, ateliers en entreprise. La formation tout au long de la vie est la meilleure manière de renforcer, d’actualiser et de repérer de nouvelles compétences transférables.

Élargir le champ des possibles : l’identification des compétences transférables comme levier d’épanouissement

Identifier ses compétences transférables n’est pas une simple formalité administrative : c’est une dynamique qui permet d’élargir son marché, de préparer une évolution choisie et de donner du sens à son parcours. Pour les profils de plus de 45 ans, c’est un atout pour démontrer agilité, motivation et valeur ajoutée. Savoir lister, illustrer, et formuler ses compétences transférables, c’est se donner la chance de rester acteur de son chemin professionnel, quels que soient les défis du marché.

Pour approfondir, consultez les ressources de l’APEC (apec.fr) ou les guides de France Compétences. Et souvenez-vous : l’expérience ne prend toute sa valeur que si elle est reconnue… et transmise.

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