Comprendre les enjeux de la formation passée 45 ans

Plus de 50 % des actifs français pensent qu'ils devront se former tout au long de leur vie (Baromètre Centre Inffo 2023). La nécessité d’évoluer et de rester compétitif/e ne concerne plus uniquement les jeunes diplômés. Pour les profils de plus de 45 ans, la formation est un levier essentiel d’employabilité, d’adaptation, et souvent de révélation de nouvelles ambitions professionnelles.

Les transitions, volontaires ou subies, concernent désormais tous les secteurs. Or, selon France Compétences (rapport 2022), seuls 8 % des stagiaires d’organismes de formation ont plus de 50 ans. Le décalage est frappant, alors même que 37 % des demandeurs d’emploi sont dans cette tranche d’âge (Dares, 2022). Le frein n’est donc ni législatif, ni technique : il s’agit surtout de choisir la bonne formation au bon moment et dans le bon format.

Identifier les secteurs porteurs et durables

Avant de se former, clarifier ses objectifs professionnels est fondamental. Les secteurs recrutant et valorisant l’expérience et la maturité sont nombreux, mais certains tirent leur épingle du jeu pour les profils expérimentés.

  • Santé et services à la personne : Le vieillissement de la population génère plus de 350 000 emplois à horizon 2030 (source : Pôle Emploi). Les postes d’encadrement, de gestion ou d’animation dans les structures d’accompagnement sont accessibles grâce à des formations courtes ou certifiantes.
  • Transition écologique : L’ADEME estime que 540 000 emplois "verts" ou "verdissants" seront à pourvoir d’ici 2030. Les formations en gestion de projet environnemental, QSE (Qualité, Sécurité, Environnement), ou rénovation énergétique, sont stratégiques.
  • Numérique et innovation : Les métiers du digital ne sont plus uniquement réservés aux jeunes. Selon Numeum, 27 % des recrutements IT concernent des profils de plus de 40 ans, sur des fonctions conseil, gestion de projet ou accompagnement à la transformation digitale : les formations accessibles en distanciel se multiplient (ex : Google Ateliers Numériques, OpenClassrooms, etc.).
  • Commerce, vente BtoB et relation client : Les compétences commerciales, cumulées à l’expérience terrain, séduisent toujours les employeurs, comme le souligne Cadremploi : 45 % des cadres en reconversion choisissent le secteur commerce/vente, principalement via la VAE ou les formations courtes.
  • Accompagnement, coaching, formation : La transmission d’expérience se professionnalise, que ce soit en tant que formateur, coach, mentor, facilitateur. Le marché hexagonal pèse plus de 15 milliards d’euros, selon la Fédération de la Formation Professionnelle.

Formations qualifiantes ou diplômantes : comment choisir ?

Se former, c’est aussi faire un choix entre différentes formes de certification, chacune répondant à un besoin. Voici comment distinguer les principaux types de formations adaptées à une relance de carrière :

  • Formation certifiante : Elle délivre un certificat inscrit au Répertoire spécifique ou au RNCP. Exemples : "Gestionnaire de paie", "Coach professionnel", "Assistant ressources humaines". Adaptée pour des fonctions opérationnelles ou transversales.
  • Formation diplômante : Elle délivre un diplôme reconnu par l’État (BTS, Licence professionnelle, Master). Adapté si l’objectif est d’accéder à des postes à responsabilité, de changer radicalement de secteur, ou d’obtenir un diplôme jusque-là jamais validé.
  • Formation professionnelle continue (courte) : Modules de quelques jours à quelques semaines, centrés sur les compétences utiles immédiatement : management, numérique, gestion de projet, RSE. Parfait pour renouer avec l’emploi ou monter en compétences.
  • Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) : La VAE permet de transformer l’expérience en diplôme ou en certification. Elle requiert au moins un an d’expérience significative dans le domaine visé. Depuis 2023, le gouvernement vise à faciliter l’accès à la VAE en la rendant plus flexible (source : Ministère du Travail).

La formule gagnante : bien souvent, mixer une formation courte et un accompagnement VAE permet d’optimiser son retour à l’emploi ou son évolution de carrière.

Les formats de formation les plus adaptés après 45 ans

L’âge est un avantage, à condition de choisir un format compatible avec ses contraintes et ses aspirations. Après 45 ans, on privilégie plutôt :

  • Le blended learning : Alternance de présentiel et distanciel, pour associer flexibilité et accompagnement humain. 68 % des apprenants adultes estiment que ce format les aide à maintenir leur motivation (source : Baromètre EdTech).
  • L’apprentissage par projet : La pédagogie active, autour d’études de cas ou de situations professionnelles, optimise la mémorisation et la transposabilité.
  • Modules à la carte : Possibilité d’avancer à son rythme, en cumulant plusieurs modules pour une spécialisation sur-mesure.
  • Accompagnement personnalisé : Coaching, mentorat, tutorat représentent désormais plus de 20 % de l’offre de formation executive (source : France Université Numérique).
  • Formation en alternance adultes : Peu connue, mais accessible via le contrat de professionnalisation. Elle permet de se former directement sur le terrain avec une prise en charge financière par l’entreprise.

Comment financer sa formation après 45 ans ?

Le financement reste souvent un frein. Or, les solutions sont multiples :

  • Compte Personnel de Formation (CPF) : Utilisable à tout moment pour la plupart des formations certifiantes. À 48 ans, le CPF moyen est de 2800 €, et certains abondements peuvent doubler ce montant (source : Caisse des Dépôts).
  • Plan de développement des compétences de l’employeur : Les entreprises de plus de 50 salariés sont tenues de proposer des actions de formation. Solliciter une évolution ou mobilité interne est souvent un bon argument pour une prise en charge.
  • Pôle Emploi et Conseil régional : Plusieurs dispositifs d’aide au financement (Action de Formation Conventionnée, Aide Individuelle à la Formation) sont destinés aux demandeurs d’emploi seniors.
  • Transition Pro (ex-Fongecif) : Financement de projets de reconversion ou de formation longue, sous conditions. Près de 37 % des bénéficiaires ont entre 45 et 54 ans (Transition Pro, rapport 2022).
  • VAE : Peut être prise en charge en tout ou partie par plusieurs dispositifs, selon le statut.

Focus : les compétences les plus recherchées aujourd’hui

La relance de carrière passe par une relecture de ses compétences, mais aussi l’acquisition de nouveaux atouts immédiatement valorisables.

  • Data et numérique : Jusqu’à 70 % des métiers comporteront une composante digitale en 2030 (Étude Dell & Institut du Futur). Les formations en Excel avancé, analyse de données, cybersécurité ou e-commerce sont très demandées.
  • Gestion de projet / Management agile : PMI France indique que 80 % des managers projet ont plus de 40 ans. Les certifs type Prince2®, PMP®, Scrum Master® ouvrent de nombreuses portes, notamment en entreprise ou en freelance.
  • Compétences transversales : Communication intergénérationnelle, gestion des conflits, intelligence émotionnelle, gestion du changement. Ces "soft skills" sont systématiquement citées dans les enquêtes Apec.
  • Langues étrangères : Une certification type TOEIC, Voltaire ou Linguaskill revalorise instantanément un profil, même sans expérience à l’international.

Prouver et valoriser sa montée en compétences

Se former n’a de valeur que si l’on sait le faire savoir. Pour maximiser l’impact d’une formation :

  • Oser solliciter des missions ou projets pilotes en interne (via la GEPP)
  • Rédiger une lettre de motivation soulignant sa démarche proactive et ses acquis récents
  • Mettre à jour son LinkedIn et l’ensemble de ses outils de présentation professionnelle
  • Demander des recommandations auprès de ses formateurs ou tuteurs
  • Participer à des communautés professionnelles ou réseaux d’alumni pour rester visible et informé

Anticiper les évolutions : la formation comme accélérateur d’opportunités

Le contexte économique, technologique et sociétal bouge vite. Selon le World Economic Forum (Future of Jobs Report 2023), plus de 44 % des compétences d’un salarié seront "renouvelées" d’ici 2027. Dès lors, relancer sa carrière après 45 ans, ce n’est pas seulement "rattraper" quelque chose, c’est prendre de l’avance. La formation, choisie avec méthode et ambition, devient alors plus qu’un outil : c’est un véritable accélérateur d’opportunités, qui redonne prise sur son parcours et permet, à tout âge, de se projeter durablement.

Quel que soit le secteur ou le projet, les formations doivent être envisagées comme des tremplins : sélectionner la bonne, c’est déjà se positionner en avance sur le marché du travail de demain.

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